Introduction

Cette section de l'espace web porte sur les principales routes qui étaient déjà utilisées pour entrer au Maine lorsque débutèrent, à la fin des années 1800, les migrations massives de Canadiens français et d'Acadiens depuis le Québec et le Nouveau-Brunswick. Le but ici est, non seulement, de montrer les voies d'entrée au Maine mais aussi d'indiquer à quel endroit on pourrait trouver des renseignements supplémentaires dans les villes situées le long de ces routes. Lorsque l'on sait d'où provenaient les voyageurs et où ils se sont établis, il est possible de déduire la route la plus probable qu'ils ont empruntée et les villes où l'on pourrait trouver des renseignements additionnels.
Il est surprenant de constater que, souvent, les comptes rendus des immigrants ne portent pas sur leur migration mais sont plutôt centrés sur leurs origines ou ce qu'ils ont réalisé une fois arrivés à destination. Nous espérons contribuer à élargir quelque peu cette perspective. Pour le moment, nous nous intéressons principalement aux grandes routes mais nous savons qu'il y avait aussi plusieurs pistes et portages qui unissaient le Maine, le Québec et le Nouveau-Brunswick. Nous faisons ici état de quelques-unes de ces routes secondaires.
Même si nous sommes habitués à concevoir les routes comme des voies de communication favorisant la colonisation, notre vision des choses est habituellement univoque une magnifique expression de la «destinée manifeste» des États-Unis [une idéologie expansionniste du milieu du XIXe siècle voulant que les Américains appartiennent à un peuple élu de Dieu ayant la mission de créer une société modèle en Amérique et de développer le pays dans le but proclamé de répandre le christianisme et la conception américaine de la civilisation auprès des autres peuples du monde considérés inférieurs.] Toutefois, une façon de voir aussi monolithique constitue une simplification outrancière de l'impératif expansionniste d'une culture dominante par rapport à un territoire. Les agriculteurs utilisèrent également ces routes non seulement pour coloniser de nouvelles régions rurales mais également pour se rendre dans les centres industriels. En somme, les colons francophones allaient et venaient sur ces routes. Cet espace web a également été créé dans le but d'illustrer certains de ces mouvements de population.

Au début du dix-neuvième siècle, on mit en oeuvre, dans la partie est de l'Amérique du Nord, un plan d'ensemble prévoyant la construction de routes et le développement du réseau de canaux. Parmi les projets réalisés, citons la route Nationale en Ohio (1818), le canal Érié dans l'État de New York (1825), la route Craig qui traversait les Cantons de l'Est du Bas-Canada (1810) et le canal Chambly sur la rivière Richelieu, au Bas-Canada (1843). La construction des diverses routes dont il est question dans cet espace web faisait partie de ce développement à grande échelle et elle permit au Maine d'être relié à l'ensemble du réseau des routes d'Amérique du Nord. Les routes dont il est question dans cet espace web sont présentées dans l'ordre chronologique de leur construction ; on trouve également des renseignements quant à leur situation géographique, au contexte historique qui précéda leur construction ; également, nous nous intéressons à l'histoire de ces voies de communication, aux villes situées sur leur parcours et à la migration qu'elles favorisèrent :
Le chemin du Roi
La route du Lac Mégantic
La route Coös
La route du Canada
Les routes d'Aroostook
La route Airline
Le chemin de fer du Grand Tronc
La route de service California
Le chemin de fer du Canadien Pacifique.

À l'exception du chemin d'Aroostook, tous suivent le même plan général. Celui-ci fait l'objet d'un traitement différent. C'est là un exemple des descriptions que nous souhaitons faire des autres routes. Même si nous avons beaucoup de renseignements relativement à la route du Canada, seul un relevé de cette route est présenté ici puisqu'elle fait l'objet d'un livre que prépare Barry Rodrigue ; au cours des dernières années, celui-ci a mené une recherche sur cette route. L'histoire des autres routes est présentée de façon plus sommaire. Pour illustrer la complexité de certaines de ces routes, voici un compte rendu de voyage entre le Bas-Canada et le Maine; celui de Andrew Redmond-Grenier.



La plupart des tracés des chemins dont il est question ici ne sont qu'approximatifs. Il en est ainsi par la nature même de la construction des routes. Les arpenteurs projetaient une route et les gars de la construction procédaient à la construction. Les deux procédés ne correspondaient pas toujours. Les constructeurs, une fois rendus sur le terrain, cherchaient de meilleurs parcours. Puis, au fil des années, d'autres ajustements se faisaient. Par exemple, les administrateurs du comté pouvaient décider de modifier certains grands segments du parcours ou les gens de place pouvaient déplacer de petits segments. De cette façon, aujourd'hui, n'importe quelle route peut se trouver écartée du tracé établi il y a 200 ans.

La seule route à avoir été identifiée avec précision est celle du Canada. Les archéologues historiques, Alaric Faulkner et Barry Rodrigue, ont élaboré un modèle informatisé basé sur l'arpentage original, mais qui, grâce aux fouilles archéologiques le long de ce chemin de 100 kilomètres, tient compte des modifications ultérieures. D'ici la fin du projet, 500 sites archéologiques auront été repérés, ce qui vaut trois ans de travail rien que pour générer l'information requise pour l'analyse de la route du Canada. Il va sans dire que ce long processus ne peut se répéter pour les autres routes. Par conséquent, nous serions reconnaissants à toute personne pouvant nous aider à préciser la localisation de ces anciens chemins et des modifications qui leur ont été apportées. Nous désirons connaître les histoires des voyageurs, trouver de vieilles photos et découvrir de nouvelles routes. Nous vous serions gré de prendre contact à l'adresse suivante: Rodrigue@usm.maine.edu